La réponse in ze text ! Petit récit d'une de nos rencontres avec "Big Bernie" en septembre en Italie
Encore un week-end chargé chez les Harryz. Cette fois-ci ce sera carrément 4 jours on the road… Après avoir donné les dernières consignes à la Harry sitter, direction le Seven70 Club près de Milan (environ 4 heures de route) pour assister à un concert de Bernie Marsden qui reprendra des standards de Whitesnake accompagné de nos joyeux compères du tribute band Whitelady. Installation à l’hôtel Umberto Primo, le seul hôtel de la ville, puis direction le club vers 21h. Comme toujours, le comité d’accueil est là. Et comme l’Italien est très démonstratif, Mirko le chanteur du groupe me saute au cou en gueulant : Nathalie…Alcolica !!!! Bonjour la réputation ! Après avoir salué les quelques personnes qui sont déjà arrivées, nous sommes aussitôt embarqués à l’étage pour aller manger un morceau avec le groupe, Bernie et son épouse Francesca. Tout le monde (ou presque…j’ai encore beaucoup de mal à m’y faire…) est très à l’aise, l’ambiance est très détendue. Bernie est de plus en plus énorme et la chemise hawaïenne n’arrange rien…On prend place autour de la table. Bernie en vrai gentleman me laisse sa chaise et nous abandonne quelques instants pour aller répondre aux questions d’un journaliste italien venu l’interviewer. Nous en profitons pour faire plus ample connaissance avec Madame. C’est une femme très sympathique et qui ne se la pète pas du tout. Du même gabarit que Bernie !!!
Une fois son interview terminée, il vient nous rejoindre et on commence à parler musique : Whitesnake bien entendu. On parle longuement du Largo 1980 où, chose que je ne savais pas, Whitesnake passait en première partie de Jethro Tull. J’ai appris que c’est pour cette raison que le concert débute bizarrement. Tous les commentaires du début ainsi que l’intro ont été coupés. Le pov’ Bernie n’en a même pas une copie. Je lui ai donc dit que je lui en ferai passer une avec plaisir….Il nous raconte comment se passaient les tournées dans les années 80. Les organisations foireuses surtout en Italie. Les superbes hôtels mais à 50 kilomètres de la salle. Ce que Cozy Powell refusait systématiquement. Il préférait un hôtel miteux en face de la salle plutôt que de se taper du bus en veux tu en voilà. Il nous parle aussi de M3 et de Company of Snakes. Il nous fait beaucoup rire en imitant et en mimant Doogie White qui, je cite « est le portrait craché de Golum, surtout sur Don’t break my heart again ». Il aimerait bien refaire quelque chose avec la M3 mais ce n’est pas évident entre Jim Copley qui a eu de gros soucis de santé récemment et Micky qui a « une fâcheuse tendance à se prendre pour Shakespeare, en mieux… ». De plus, il faut être extrêmement vigilant avec l’utilisation du nom Whitesnake car dès qu’il apparaît sur une affiche en dessous du nom M3 ou Bernie Marsden par exemple, « le bureau Coverdale nous rappelle à l’ordre ». Il ne rate pas une occasion d’envoyer une petite pique à David en se marrant et se fait constamment rappeler à l’ordre par sa femme qui lui dit « arrête avec ça, c’est fatigant à la longue… ». Cela dit, il rêve d’une reformation de la « classic ». Il m’a suggéré d’aller voir David pour le supplier. Je cite « Tu peux être sûre que si une blonde vient frapper à sa porte, ça marchera à tous les coups… ».
Il est extrêmement conscient du fait que sans Whitesnake marqué sous son nom, il n’attire personne et qu’il est obligé de faire lui-même la pub pour ses concerts au supermarché de son village… Ce n’est pas évident non plus de trouver quelqu’un pour gérer le site web. Pour l’instant et depuis plus de 6 mois, il est à l’abandon. Bernie vend lui-même ses CD ou DVD lors de ses concerts. Ca fait quand même un peu mal au cœur de voir ça. Mais il le vit bien et on sent que l’important pour lui c’est de jouer et de prendre du plaisir à ce qu’il fait.
Il nous parle également de sa récente jam avec Deep Purple lors de leur tournée en Angleterre. Il est allé saluer le groupe en loges et on l’a invité à venir sur scène pour « Smoke on the water ». C’était complètement imprévu et improvisé, il a adoré, ça lui a rappelé l’époque où il faisait des grandes salles…Il nous a aussi beaucoup fait rire en nous racontant son passage il y quelques années au Sporting Club de Monaco avec Ringo Starr et le all stars band dans le cadre du bal de la Croix Rouge. Je lui ai demandé ce qu’il avait pensé de jouer devant tous ces gens assis en train de dîner : « c’était très particulier et on a beaucoup ri. Ringo a regardé les têtes couronnées du premier rang et est venu me dire à l’oreille : merde, je suis le plus pauvre de tous… ».
Il nous parle aussi d’un concert qu’il va donner à Milton Keynes près de Londres le 16 novembre. Ca tombe bien, comme on sera en Angleterre du 11 au 17 novembre, on va pouvoir se refaire un petit coup de Bernie. C’est toujours bon à prendre…Entre deux, je lui fais signer mon « Trouble ». Il en écrit une tartine comme à son habitude et j’ai juste le temps de le rappeler à l’ordre avant qu’il ne dessine des moustaches à DC sur la pochette…Incorrigible le Bernie !
On serait resté des heures à l’écouter raconter toutes ces anecdotes mais quand il réalise qu’il est 22h15, Bernie nous dit en rigolant « les gars, faudrait que je me stresse, j’ai un concert à donner…».
Le concert a débuté vers 22h30 devant….60 personnes !!! Mais comme toujours en Italie, l’ambiance est là…La set-list est composée presque exclusivement de morceaux de Whitesnake :
Come on, Trouble, Walking in the Shadow of the blues, Don’t break my heart again, Come an’ get it, Lonely days lonely nights, Ready an’ willing, Fool for your loving, Crying in the rain, MIGHT JUST TAKE YOUR LIFE (énorme...), Sweet talker, Ain’t no move in the heart of the city, Here I go again et Living a lie en hommage à Cozy Powell.
Comme toujours, c’est un plaisir de le voir jouer et surtout de l’entendre chanter. Même si Mirko assure parfaitement 80% du chant, quand c’est Bernie qui prend la relève, c’est une autre dimension. On sent le plaisir de jouer, c’est un vrai bonheur. Bernie a glissé une impro acoustique guitare/voix entre Fool for your loving et Crying in the rain. C’était grandiose.
Le concert s’est achevé presque 2 heures plus tard. Tout le monde s’est retrouvé ensuite en loges pour féliciter Bernie et le groupe. Lorsque je le remercie pour Might just take your life, il se met à rire et me dit « la vache, ça fait au moins 30 ans que je ne l’avais pas jouée celle-là…ça me rappelle qu’à l’époque, on était obligé de la faire parce qu’…on n’avait pas assez de titres. Si on n’avait joué que du Whitesnake, on serait resté en scène 45 minutes… ». …
Nous rentrons à l’hôtel vers 2h du matin, après avoir chaudement salué et remercié tout le monde. Avant de partir, Bernie nous dit « on se voit demain matin au petit déjeuner ??? 9h30, ça vous va et puis après on va au lac de Côme, venez avec nous… »…Euh, ché pas moi, on veut pas déranger…J’avais réussi tant bien que mal à la jouer naturelle jusque là mais d’un coup j’y arrive plus, c’est trop. Je laisse mon Gégé répondre le plus naturellement du monde « ok Bernie, 9h30 c’est parfait… ». Là, je le prends à part « t’es fou, jvais jamais pouvoir et pi le Lac de Côme en plus…T’es malade, c’est pas possible, jpeux pas… ». Réponse à la Gégé « ben quoi, c’est juste un ptit dej et un tour au lac avec un gars qui a joué dans Whitesnake et qui connaît super bien David, tu sais le monsieur du Cal Jam…». Toujours le mot pour rire !!!
Comme convenu, on descend au petit déjeuner mais pas trace de Bernie ni de Madame. Ils feront leur apparition avec plus d’une heure de retard. Ils ont oublié de mettre leur réveil à l’heure italienne…Du coup, Madame Bernie a été obligée de sortir acheter des croissants fourrés au Nutella pour patienter jusqu’au déjeuner…
Daniele, le bassiste de Whitelady est en charge de convoyer Bernie et Madame. Vers 11h, nous partons tous pour le lac de Côme car Madame Bernie voudrait faire un tour de bateau sur le lac. La voiture penche sérieusement vers la droite car les deux « poids lourds » sont montés tous les deux du même côté…. En route, nous avons droit à une halte « improvisée » dans une boutique de guitares. Le vendeur est un ami du groupe Whitelady. Je mets improvisée entre guillemets parce que, comme par hasard, le vendeur avait à portée de main une pochette vinyl de « Malice in wonderland » de PAL à faire dédicacer !!!
En arrivant à Côme, nous prenons un verre avec Bernie et Madame au bar de leur hôtel. Nous décidons ensuite de les laisser à leur ballade romantique sur le lac. Avant de se quitter, Bernie lance une dernière boutade sous les yeux excédés de sa femme : une mamy et son yorkshire passent à notre hauteur dans le bar de l’hôtel. Le chien se met à aboyer en passant à côté de Bernie. Il se retourne vers le chien et lui dit « David, what are you doing here…shut up ! ».
Rendez-vous est pris pour Milton Keynes le 16 novembre. Les Marsden sont vraiment des gens bien, simples et adorables.