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 Jon Lord : critiques des albums solos

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Endogarde Pourpre
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Mar 8 Avr - 9:24

Stormbringer74 a écrit:
Lord (comme Blackmore d'ailleurs) s'enfonce de plus en plus dans son univers et laisse sans doute des fans sur le brod de la route.. ce n'est pas une critique mais une simple constatation.. à 67 ans le bonhomme a bien gagné le droit de faire ce qu'il a envie sans pression du résultat.. :


Reconnaissons que ç'aurait été con de quitter Deep Purple pour ne pas faire quelque chose de différent. Je crois que Picture Within et Beyond the Notes sont des oeuvres très intéressantes (j'adore le morceau où il reprend une série d'airs de Deep Purple) qu'il faut écouter au bon moment. Ceci dit, je comprends qu'on puisse ne pas accrocher. Pour ma part, j'ai bien aimé les Hootchie Cootchie Men (à peu près sur le même pied que Living Loud de Morse et Airey). Un bon boogie rock (qui me rappelle un tout petit peu Blackfoot).


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Medusa
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Mar 8 Avr - 9:41

[quote]( Living Loud de Morse et Airey)

C'est comme sur cet album que j'aimerai voir le Morse jouer sur les albums purple.Un vrai son bien hard...Mais je rêve...
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Endogarde Pourpre
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Mar 8 Avr - 10:02

[quote="Medusa"]
Citation:
( Living Loud de Morse et Airey)

C'est comme sur cet album que j'aimerai voir le Morse jouer sur les albums purple.Un vrai son bien hard...Mais je rêve...


Moi, je suis complètement bluffé par "In the Name of God" et ses tonalités orientales. Mais on s'écarte du sujet
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mad dog
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Sam 12 Avr - 9:05

Stormbringer74 a écrit:
d'abord une reflexion sur ton post précédent Mad dog.. je croyais que le nom de ce Concerto etait Durham et non Duraham..


Oups oui, je corrige .......

Stormbringer74 a écrit:
par contre gemini suite et cette news d'un réédition est une trsè trsè bonne nouvelle à suivre de très près !!


En fait il n'y a pas de nouveau matériau son. Celui-ci an été remastérisé, et sera peut-être meilleur que l'original (à écouter !!!).

Par contre il y a deux nouveautés :
un livret illustré de 12 pages incluant des détails sur Gemini Suiteet une édition collector incluant trois pochettes différentes (réalisées d'après l'originale)

http://www.deep-purple.net/review-files/gemini-suite-studio/gemini-suite-news.html
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Dim 13 Avr - 18:39

Gemini Suite

En 1969, Jon Lord compose (seul) le Concerto pour Orchestre et Groupe qui sera enregistré avec son groupe Deep Purple. Dans une optique de continuité, Jon compose une seconde œuvre de la même veine, destinée à être exécutée par Deep Purple. Ce sera "Gémini Suite" . Les autres membres du groupe (Blackmore, Paice, Gillan et Glover) étaient d’accord avec cette idée, mais à la condition qu’il s’agisse là de la dernière exploration de Deep Purple dans cette direction. Il s’avèrera que lorsque l’écriture de cette seconde œuvre sera finalisée, le groupe aura pris une autre voie, qui à cette époque semblait plus prometteuse. L’album "In Rock", sorti en juin 1970, avait reçu un tel accueil que désormais, le groupe allait privilégier sensiblement le hard rock !!!!
Donc, lorsque le groupe retourne au Royal Albert Hall pour y enregistrer "Gemini Suite", en septembre 1970. Les autres membres du groupe ne s’y sont pas précipité !!!!! L’enregistrement qui sera réalisé là, avec le "Light Music Orchestra" (direction Malcolm Arnold), sera enregistré, mais pas distribué. Du moins pas tout de suite ! Il faudra attendre 1993 pour l’entendre grâce à une édition de RPM pour acheter un CD de cette réalisation. Auparavant, Rock profile avait inclus dans le deuxième volume sur Ritchie Blackmore (rare sessions and Rainbow) une partie du premier mouvement de cet enregistrement, baptisé Guitar movement 8’20, ce qui représente près de la moitié du titre original nommé guitar-voice crédité de 17’23".

Ce disque n’ayant pas (à l’époque) été édité, en partie à cause du refus de Ritchie Blackmore et de Ian Gillan d’y figurer, Jon décide de le réenregistrer. Il le fera en 1971, en studio, avec toujours Malcolm Arnold à la direction (mais du London Symphonic Orchestra cette fois-ci), avec Ian Paice à la batterie, Albert Lee à la guitare, Roger Lover la basse, Yvonne Elliman et Tony Ashton aux chants.

C’est-ce second enregistrement, le premier disque solo de Jon que je vais détailler là. Le travail réalisé s'est montré prometteur et était beaucoup plus progressiste que le " Concerto", avec plus de variables dans les différentes exécutions. Il y a sur l’enregistrement 6 morceaux.

Pour rappel, dans la version Deep Purple (de 1970), il n’y en avait que trois :
1/ First movement : Guitar . Voice
2/ Second movement . Organ . Bass
3/ Third movement . Drums . Finale

Pour la version de 1972 (le premier album solo de Lord), les choses se compliquent. Sur le boîtier originel, rien. Pas d’indications. On y apprend par contre les signes astrologiques de chaque participant : Ian Paice (drums), Cancer - Jon Lord (piano and organ)- Gemini, Roger Glover (bass), Sagitarius - Albert Lee (guitar) et Yvonne Elliman (vocals), Capricorne Tony Ashton (vocals), Pisces), Malcolm Arnold (conductor), Libra…. Tous les membres du London Symphonic Orchstra sont également crédités par signe, de Gemini à taurus.

Sur le site de Jon, on en apprend plus, les morceaux sont :

1. Guitar Movement (Albert Lee)
2. Piano Movement (Jon Lord)
3. Drums Movement (Ian Paice)
4. Vocals Movement (Tony Ashton and Yvonne Elliman)
5. Bass Movement (Roger Glover)
6. Organ Movement (Jon Lord)

L’idée de Jon était d’écrire les morceaux en adéquation avec les caractères attribués aux signes du zodiaque de chaque soliste, d’où le titre de l’œuvre (Jon est gémeaux), et d’où les plages dévouées aux instruments et aux voix. Un thème commun permet à l’œuvre de rester homogène, et à l’auditeur d’être ravi.

Le premier morceau (guitar movement) commence avec roulements de tambours, orchestre, puis guitare. Il est clair dès le départ que c’est bien ce dernier instrument qui est à l’honneur. Plusieurs solos d’Albert Lee, relayés par l’orchestre, ponctuent ce morceau. On y trouve de belles dualités guitare/batterie, et guitare/orchestre…. Des trilles de l’orchestre répondent au jeu saccadé du guitariste. On entend peu l’orgue. Le morceau finit très rythmé, avec une belle montée en puissance, ponctuée des coups de boutoirs des percussions, puis retombe en douceur pour laisser à Albert Lee le soin de clore ce morceau très calmement.
Le second morceau (Piano Movement) commence par un beau jeu de batterie/basse, suivi du piano. Joli rythme, pulsatif…. On en a là pour près de 90 secondes puis l’orchestre, avec ses vents, fait transition jusqu’à une partie piano - clarinettes, cors, puis les cordes se font entendre et le morceau devient légèrement dissonant, mais avec l’air au piano qui fait lien, puisles cordes et le piano semblent se livrer un combat, ponctué par les percussions. Suit un solo de piano, très agréable, de près de trois minutes qui finit sur un rythme saccadé, bientôt repris par les cordes, puis l’orchestre au complet. Le final est une note qui s’éteint, suivi d’un sursaut de tous les instruments.
Le troisième morceau (Drums Movement) débute avec l’orchestre et la batterie. Ian s’en donne à cœur joie, accompagnant l’orchestre de coups de boutoir, de roulements et autres prouesses drummesques. Peu après la seconde minute de ce jeu, voilà le solo de batterie. Ian Paice étant un des meilleurs batteurs au monde, nous avons là un solo irréprochable, qui dure près de 2’45 !!!! L’orchestre rebondit là-dessus puis une battle batterie / percussions puis batterie / orchestre amène la fin du morceau .
Le quatrième morceau (Vocals Movement) commence très en douceur par les cordes, en vagues. Ambiance calme, sérénité, pendant deux minutes. Les vents prennent la relève dans le même registre pendant quelques secondes puis l’orchestre entier accompagne le chant d’Yvonne Elliman (one more day). Tout est dans ce registre, avec juste la voix d’Yvonne qui monte dans les tons, jusqu’à ce que l’orchestre et le band montent en puissance. Tony Ashton chante alors de sa belle voix rocailleuse, puis en duo avec Yvonne, aux accents de tous les instruments.
Les vents ouvrent le cinquième morceau (Bass Movement ), qui laisse place après une intervention de tout l’orchestre à un beau et long solo de Roger Glover. A la fin de celui-ci (troisième minute du morceau) l’orchestre reprend, puis la dualité bass / orchestre s’opère, avec beaucoup d’humour ! Pour finir, petit solo très calme de Roger, bientôt accompagné par les vents, qui clôturent le morceau qu’ils ont ouvert !!!
Le dernier morceau (Organ Movement ) fait la part belle à l’orgue Hammond. L’orchestre ouvre le mouvement, puis joue en alternance avec l’orgue pendant près de trois minutes avant une montée en puissance qui mène à un duo batterie / orgue puis à nouveau dualité orchestre / Hammond, et on finit avec une fusion du band et de l’orchestre et de nouveau alternance orgue et batterie versus orchestre, dans une belle complémentarité. A la sixième minute l’orchestre joue seul, puis enfin, Jon attaque son (presque) solo. Presque parce que Ian est toujours là, pour appuyer le jeu magnifique du maestro par un tempo idéal… C’est là la Hammond B3 dans toute sa force, dans toute sa splendeur. Le final orchestral devient d’abord chaotique puis fait intervenir successivement les instruments de l’orchestre et du Band, avant de terminer sur des notes de l’orgue, laquelle aura presque le dernier mot…… Les violons s’en mèlent, avec les percussions, et ce sont finalement ces dernières qui auront la note de la fin !!!!


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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Dim 13 Avr - 18:49

merci mad dog pour ce bon travail....

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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Lun 14 Avr - 20:50

Superbe boulot

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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Jeu 17 Avr - 7:15

mad dog a écrit:
Stormbringer74 a écrit:
d'abord une reflexion sur ton post précédent Mad dog.. je croyais que le nom de ce Concerto etait Durham et non Duraham..


Oups oui, je corrige .......

Stormbringer74 a écrit:
par contre gemini suite et cette news d'un réédition est une trsè trsè bonne nouvelle à suivre de très près !!


En fait il n'y a pas de nouveau matériau son. Celui-ci an été remastérisé, et sera peut-être meilleur que l'original (à écouter !!!).

Par contre il y a deux nouveautés :
un livret illustré de 12 pages incluant des détails sur Gemini Suiteet une édition collector incluant trois pochettes différentes (réalisées d'après l'originale)

http://www.deep-purple.net/review-files/gemini-suite-studio/gemini-suite-news.html


Moi, je préfère cette pochette-ci:



ça fait un peu Yes
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Sam 10 Mai - 20:01

Je voulai faire là la critique de "Windows" et en fait celà va s'averer ardu !!! Je m'attaque donc à Before I Forget (c'est à peine plus aisé).
Bientôt ici ......
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Sam 10 Mai - 20:51

on ne perd rien au change mais pourquoi Windows ardu ?
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Sam 10 Mai - 20:55

Stormbringer74 a écrit:
on ne perd rien au change mais pourquoi Windows ardu ?


Parce que partie écrite par Eberhart Schoener, récup de la partie chantée chant de Gemini Suite (sympa d'écouter ce chant écrit pour Gillan, joliment interprété par Cov'), puis partie Lord. Faut s'y retrouver, dans les intentions !!!

Et surtout Continuo on Bach (faut que je me réfère à la version originale de J-S Bach pour tenir une bonne critique !!!!)
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Sam 10 Mai - 20:57

mad dog a écrit:
Stormbringer74 a écrit:
on ne perd rien au change mais pourquoi Windows ardu ?


Parce que partie écrite par Eberhart Schoener, récup de la partie chantée chant de Gemini Suite (sympa d'écouter ce chant écrit pour Gillan, joliment interprété par Cov'), puis partie Lord. Faut s'y retrouver, dans les intentions !!!

Et surtout Continuo on Bach (faut que je me réfère à la version originale de J-S Bach pour tenir une bonne critique !!!!)

quel professionalisme !!
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Dim 11 Mai - 9:11

BEFORE I FORGET

Before I Forget est le quatrième album solo de Jon Lord, et le seul qu'il a fait tandis qu’il était membre de Whitesnake. Jon a été membre de Whitesnake d'août 1978 à avril 1984, une période de la vie de Jon où hélas il ne s'est pas fait beaucoup entendre (au sens propre comme au figuré).

Le titre du disque, Before I Forget, fait référence à la mémoire. Jon voulait-il, là, vite, coucher sur sillons certains traits musicaux qu’il avait en tête, dans un accès de spontanéité? La jaquette du disque comporte une tête d’éléphant, qui a un nœud à sa trompe. On dit que cet animal est doté d’une mémoire infaillible…

La musique de cet album est sensiblement différente des albums solos précédents de Jon. Ici, point d’orchestre dans les réalisations, les titres ont été écrit pour un groupe de rock, l’instrumentation de tout l'album en atteste. En outre, elle n'est pas écrite sous forme de concert ou de suite mais se compose de musiques et chansons séparées, sans lien, indépendamment du thème de la mémoire.

Le CD est vendu avec une interview de Jon (en audio sur le CD), un article papier avec la jaquette, et quatre titres en bonus. Le disque initial comportait huit morceaux. L’ordre de ceux-ci a changé également sur le CD, et il faut donc interpréter différemment la logique du montage.

Le CD débute avec une chanson appelée Chance on a feeling qui suit en quelque sorte le modèle American FM (AOR). Il commence brutalement, on entre directement dans le vif du sujet, pas vraiment d‘intro. La ligne de cette chanson rappelle les compositions du Whitesnake de l’époque... Elle est d’une teneur agréable. C’est Ian Paice qui tient la batterie et on trouve Neil Murray à la basse, Bernie Mardsen à la guitare et au chant, accompagné aux chœurs par Vicky et Sam Brown (la mère et la fille), et Jon Lord à l’orgue Hammond ainsi qu’aux synthés (polymoog et minimoog). La chanson est sympa, rythmée, mais il manque un petit rien pour qu’elle devienne prenante (elle plaît sans doute plus aux accros du style coverdalien.

Tender babes est la deuxième chanson et là il se passe (enfin) quelque chose. Sonorités médiévales, air très rythmé. Le morceau commence avec un air Renaissance (on dirait une flûte, mais là comme dans la suite, ce sont les synthés qui imitent les instruments) en douceur. Et quand on commence à être séduit par cette petite mélodie, Cozy Powell, à la batterie, vient secouer tout ça et on décolle. Ce morceau a été inspiré à Jon par un air du 15ème siècle, écrit par Thomas Tallis http://www.goldbergweb.com/fr/history/composers/12129.php . Accompagné de Cozy Powell aux drums et de Neil Murray à la basse, Jon crée sur le Polymoog un son de clavecin et utilise également la Hammond. Tender babes est un très bon morceau, que (du temps où le CD "Before I Forget" était dans le chargeur de mes bagnoles : d’abord une Renault 17 puis cette chère vieille Xszara) j‘écoutais en boucle. Pour écrire cette critique, j’ai recommencé (huit auditions de suite, et je suis pas sûr d’avoir été repu). Le tempo est prenant, l’orgue et les synthés sont très présents. Une sorte de médiévo-rock.

Hollywood rock’n roll est dans le même modèle de musique californienne que "chance on a feeling". Jon est accompagné sur ce titre par le groupe “Bad Company” sans le chanteur, remplacé là par Tony Ashton qui manie les chants à sa manière typique, plutôt parlée que chantée (en allemand on appelle ça le Sprechtgesang), avec encore Sam et Vicki Brown, dont les choeurs améliorent la chanson. Mick Ralphs est à la guitare, Boz Burrell à la basse, et Simon Kirke à la batterie. Un peu comme "Chance on a feeling", cette chanson est aussi bonne que la plupart des chansons sur l'album de Whitesnake qui est sorti plus tard la même année (Saints and Sinners), mais il n'est pas du type de ce que l’on pouvait attendre d’un album solo de Jon Lord. On trouvera des titres de la même veine dans les disques qu‘il réalisera avec Tony (First of the big bands, Malice In Wonderland, et les deux concerts BBC live). La fin est rafraîchissante cependant.

Bach onto this, une version rock de la très célèbre Toccata et Fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach est bien meilleure. Le titre aurait été inspiré à Jon par un musicien d’orchestre. Celui-ci aurait lancé cette phrase, que Jon a trouvé amusante, et donc en a fait le titre de cet air. Jon joue l'introduction bien connue sur le Polymoog puis le band : Bernie Marsden (guitare) Neil Murray (basse), et Simon Philips (drums), entre en jeu. La compo comprend l’orgue, le synthé (et même du piano, mais en est-ce vraiment un ou avons-nous là encore droit aux performances du minimoog ?). Phillips réalise à la batterie un travail très fin avec un jeu presque mélodique. Bach onto this est le morceau de l’album qui contient le solo le plus long de Jon. C’est là un de mes quatre morceaux préférés de cet album. Ce titre a été édité en single (avec Going Home en face B).

Before I forget (qui ouvrait la face B de la version 33 tours) avait initialement été composée pour le chant (pour David Coverdale), puis a été réécrite. Le chant a été remplacé par des instruments (les cordes jouées au polymoog, les bois avec le minimoog) et est ainsi devenu un beau morceau instrumental. Le jeu de basse de Neil Murray mérite une mention, Ian Paice assure aux drums, et les choristes (toujours Brown mère et fille) ajoutent leurs voix aux sons du synthés. C'est un excellente morceau! Il semble que Jon voulait transmettre, avec ce morceau, une impression de réflexion (un peu comme le Penseur de Rodin, qui se tient le menton dans la main). Il commence avec une intro au piano, suivi d’airs aux synthés. Tout est diffus, là, les choristes murmurent plus qu’elles ne chantent. Peu après la troisième minute, la batterie amène un nouveau rythme, et à la fin de chaque séquence Vicky et Sam chantent un très diffus “Before I Forget”.

Say It’s Allright fait la part belle à Vicki Brown, qui passe au chant, avec sa fille aux chœurs. Le résultat est une belle chanson! Jon y joue une solide partie de piano. On trouve ici une grande section rythmique avec Simon Philips (drums) et Neil Murray (bass) et un beau riff guitare (simple mais très de bon goût) joué par Mick Ralphs.

Burntwood est le nom de la maison où Jon vivait alors, et ce morceau évoque la campagne anglaise. Il commence avec le son du vent soufflant au-dessus de la campagne et comme une corne de brume lancinante, jouée au Minimoog. Le morceau devient ensuite une ballade au piano et Jon est seulement accompagné des cordes (au synthé) et de Neil Murray à la basse. La chanson est très belle et mélancolique. D’aucuns y ont vu un air de famille avec la musique de Vangelis (Chariots of fire) mais “Burntwood”a été écrit bien avant. Plusieurs personnes chez EMI ont regretté ne pas avoir de projet de musique de film dans les tiroirs, d’après eux ce morceau aurait fait un beau single.

Where are You ? est encore plus mélancolique. Comme Burntwood, l'arrangement se compose principalement du piano et des cordes du Polymoog. C’est Elmer Gantry (ou Gantree) qui chante, là, avec une voix un peu rauque, qui donne un charme particulier à ce morceau. Il y a également un solo très émouvant joué par Jon aux Moog. La chanson vous donne le sentiment que vous pourriez obtenir en vous réveillant seul avec une gueule de bois, le goût du whisky dans la bouche, et que vous vous sentez juste terriblement seul. De nouveau, c'est une chanson fantastique. Jon confie dans l’interview que les paroles sont de Elmer Gantree, et surtout que lorsqu’il a lui-même écrit la musique de ce titre, il était triste et seul, devant son petit piano électrique Roland, casque sur les oreilles, dans un hôtel perdu au milieu d’une tournée, sous la neige, et il avait là le “homesick” (le mal du pays). Le chant, à la reprise du refrain : “Where are You” est accompagné par une sorte de "whistle" tendre et diffus, un effet que Jon obtient avec un Micromoog, instrument qu’il utilise rarement : c’est une réminiscence (tiens, rapport au titre de l’album ?) du sifflement qu’utilise son épouse Vickie pour appeler leur chien, et c’est avec cette idée en tête que Jon a inclus dans sa musique ce sifflement. Il y a un autre clin d’œil dans ce morceau. Jon a essayé avec ce piano électrique d’imiter le son d’un saxophone alto. Reg, le père de Jon jouait du saxo alto et soprano et le fils a tenté là de reproduire le feeling du son démodé (oldfashioned) des ensembles où jouait son père, en abusant du vibrato… Jon ajoute que c’est une orchestration dont il est particulièrement fier. Ce titre me fait personnellement un effet dingue. Dans mes favoris, il tient une place d’honneur !!!

On arrive maintenant aux morceaux bonus.

Le premier, Going Home, était la face B-side du single "Bach onto this". De nouveau Jon est à nouveau avec Bad Company, sans chanteur. C sent l‘enregistrement complémentaire. Le jeu n'est pas aussi travaillé que sur les autres titres mais l’ensemble est plutôt joyeux ! Il commence à la batterie, puis synthés. La Hammond enfin, qui donne au morceau un cachet bien “lordien”. Sans prétentions, mais agréable, ce morceau. Une sorte d’exercice de style. Moi j’aime assez.

Les trois derniers morceaux sont tous des démos et se composent principalement de claviers et des drums.

Le premier, Pavane, serait inspirée d'un morceau de Claude Debussy, et est d’une certaine manière en ligne directe avec les morceaux de l’album “Sarabande” dans lequel, tiens, on entendait déjà une “Pavane”. Deux mêmes titres pour deux morceaux différents, dans deux albums solos qui se suivent (six ans d’intervalle tout de même). Bien sûr ce n’est pas le même morceau, mais la forme musicale est identique (une pavane, quoi !!!). On sait Jon à l’aise dans ce registre. Là il se fait plaisir et nous fait plaisir.

Lady, qui suit, est chanté par Vicki Brown. Cette femme a une belle voix (on constatera avec les compositions et créations ultérieures de Jon que la voix féminine tient une place importante dans sa conception artistique. Il y a des chœurs qui accompagnent mais aucun nom n’est crédité. S’agit-il alors de voix sorties du synthé ? On peut le supposer, sachant que Jon a réenregistré l’album (pour CD) aux studios Britannia Row, celui qu’utilisait habituellement Pink Floyd. Bien belle chanson.

For a friend, le dernier morceau joué est une partie piano / synthés, mélancolique à nouveau. Comme pour “Pavane”, Jon est seul aux commandes : piano et synthés. On trouve là de nouvelles sonorités à l’anciennes (je ne suis pas assez calé pour affirmer que cela ressemble à un menuet). Les notes scandées au piano donnent au morceau une force, atténuée par l’accompagnement des cordes. Arrive ensuite une section rythmique (boite à rythme du synthé), et, bien que d’écriture et d’intention différente, le son dégagé par cet enregistrement est à mettre en lien avec “Burntwood”. Le morceau se conclut sur une longue note du piano. En douceur.

Le titre final du CD l'album est une interview de Jon datant du moment où le disque est sorti. Il est bon d’entendre Jon parler des chansons, mais bien sûr on n’est pas obligé de l’écouter à chaque fois qu’on met le CD. Dans cet interview le ton de Jon est enjoué, joyeux même.

L’album est un mélange de cette joie, cette passion, et de mélancolie. Visiblement, ainsi que le titre le fait penser, il s’agit bien là de la capture d’instants, d’émotions. Riche de musicalité et d’émotions. Cela nous permettrait-il de prétendre qu'il est étrange que des gens qui ne l'aiment pas sont dénués de sensibilité et de sens artistique? Non bien sûr. Toujours est-il que l’album n’a pas fait de ravages et que les ventes sont restées confidentielles. D’aucun diront que c’est parce que Jon a laissé ici la forme orchestrale, d’autres prétendront que c’est un fourre-tout sans logique (on entendra cette même critique pour “Beyond the notes”).

Moi, à sa sortie (ou plutôt dès le jour ou je l‘ai déniché chez un disquaire allemand à Freiburg, pour 29,95 DM), je l’ai tout de suite adopté . J’aurai du mal à prétendre que c'est un de mes albums préférés de Jon, tellement ils le sont tous (préférés par moi), les albums de ce monsieur.

Il y aurait sans doute encore beaucoup à dire, à observer, à détailler, de cet album. Je vais m’arrêter là, assuré de ne le replacer dans les rayons de ma cédéthèque qu’après l’avoir dégusté jusqu’à la moelle.


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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Dim 11 Mai - 11:39

bravo Mad dog !! ça semble encore un super boulot.. je n'ai pas le temps de la lire maintenant mais je vais m'y pencher à tête reposée dès que possible et merci pour le FCH.. d'ailleurs ça me donne l'idée de faire la même chose pour les albums de Glenn Hughes.. va juste falloir trouver là aussi le temps..


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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Dim 11 Mai - 22:06

oua, merci mad dog, c'est super
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MessageSujet: Re: Jon Lord : critiques des albums solos   Lun 12 Mai - 13:57

Belle revue !!!
J'adore cet album.
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Jon Lord : critiques des albums solos

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