Je constate étonnement qu'il n'y a pas encore de topic consacré à ce groupe mythique qu'est Status Quo, donc en voici un.
Status quo, c'est une histoire qui dure maintenant depuis 40 ans, un succès fondé sur un boogie rock teinté de blues, une musique simple, énergique et terriblement efficace. Le groupe a publié "In search of the fourth chord", le 33ème album de sa discographie. Il a été réalisé par le légendaire Pip Williams, le producteur de nombre de leurs tubes, comme "Rockin' all over the world", "Whatever you want" ou encore "In the army now".
Peu de groupes anglais peuvent se vanter d'avoir vendu plus de cent millions de disques et d'avoir placé quarante-trois singles et vingt-cinq albums dans le hit-parade de leur pays entre 1968 et 1991. C'est pourtant la performance réussie par Status Quo, un groupe qui célèbre ses quarante ans d'existence, toujours mené par deux de ses membres historiques : Francis Rossi et Rick Parfitt.
Francis Rossi est né le 29 mai 1949 à Peckham, dans la banlieue sud de Londres. C'est en 1962, alors qu'il poursuit sa scolarité à Beckenham, qu'il rencontre Alan Lancaster, son ainé de quelques semaines, avec qui il décide de former un groupe. Baptisé The Scorpions, puis The Spectres, le groupe se stabilise en septembre 1962 avec Francis Rossi à la guitare et au chant, Alan Lancaster à la basse, Jess Jaworski aux claviers et John Coghlan à la batterie.
Les Spectres répètent dans un local de la Royal Air Force et, à la fin de l'année scolaire 1964, ils se produisent à Londres, au légendaire Café des Artistes de Fulham Road. En 1965, ils obtiennent un contrat pour la saison estivale dans un club de vacances de Butlins. Jess Jaworski renonce pour poursuivre ses �tudes et c'est l'organiste Roy Lynes qui lui succède.
Le 18 juillet 1966, les Spectres signent avec Piccadilly Records, un label qui sera par la suite integré à Pye. Ils enregistrent trois 45-tours, mais sans grand résultat : d'abord une reprise de Shirley Bassey, I who have nothing, en septembre 66 ; puis une composition d'Alan Lancaster, Hurdy gurdy man, en novembre. Enfin, en février 67, ils proposent une version de (We ain't got) nothing yet, le tube du groupe psychédèlique Blues Magoos.
En mai 1967, les Spectres changent leur nom en Traffic. Mais ils apprennent vite que ce nom est déjà celui du nouveau groupe de Stevie Winwood, et ils se rebaptisent Traffic Jam. Ils publient un 45-tours, Almost but not quite there, qui ne marche pas mieux que les précédents. L'heure est au bilan, et celui du groupe est plutot négatif. En désespoir de cause, leur manager Pat Barlow décide de leur trouver un nom plus percutant.
Après avoir hésité entre The Muhamad Ali's et The Queers, leur choix se porte sur The Status Quo. Pour gagner leur vie, ils accompagnent alors la chanteuse Madeline Bell. En novembre 1967, ils recrutent un second guitariste, Rick Parfitt, qui faisait partie jusque-là d'un trio de cabaret baptisé The Highlights. Puis ils publient leur premier 45-tours, une composition de Francis Rossi intitulée Pictures of matchstick men.
Pictures of matchstick men est une chanson psychédèlique tout à fait dans l'air du temps. C'est un tube qui se classe N7 en Angleterre en janvier 68 et qui parvient meme à effectuer une percée aux Etats-Unis.
Mais ce n'est qu'un feu de paille. Leur deuxième 45-tours, Black veils of melancholy, est un échec. Heureusement, ils se rattrapent dans le mois d'aoit avec Ice in the sun qui atteint la huitième place du hit-parade britannique.
Le premier album du groupe, PICTURESQUE MATCHSTICKABLE MESSAGES FROM THE STATUS QUO, sort en aout 1968. On y retrouve leurs trois premiers 45-tours. A l'image de la pochette qui montre cinq jeunes gens permanents sortant tout droit des boutiques de Carnaby Street, leur musique sent l'artifice et le préfabriqué.
Des difficultés financières se profilent à l'horizon, et bientot The Status Quo d�cide d'abandonner son image pop. Les tenues sophistiquées sont remplac�es par des jeans, et la musique devient plus directe et plus simple. En meme temps, The Status Quo devient Status Quo tout court.
En septembre 1970, l'organiste Roy Lynes quitte Status Quo. Il a tout de m�me particip� � l'enregistrement de MA KELLY'S GREASY SPOON, un album fortement teint� de blues qui sort un mois plus tard. Au meme moment, le single In my chair se classe N21. Francis Rossi considère que c'est la première vraie chanson de Status Quo.
A partir de ce moment, Status Quo se tourne vers un rock plus rugueux. En studio, ils enregistrent dans les conditions du direct, sans rien ajouter au mixage. C'est un tournant d�finitif et Rick Parfitt se souvient encore de cette époque ou tout a basculé.
"Il y a vingt ans, on faisait de la bubble-gum music. C'est comme ça qu'on appelait ça en Angleterre à l'époque. Je ne pense pas d'ailleurs que ce style musical ait beaucoup évolué depuis. Pour nous, le temps du boogie a commencé en 1970 - 1971."
Après le départ de Roy Lynes, la composition de Status Quo va rester stable pendant douze ans. Les quatre musiciens, Francis Rossi, Rick Parfitt, Alan Lancaster et John Coghlan seront unis, pour le meilleur et pour le pire, dans une lente ascension vers la gloire. En décembre 1971, DOG OF TWO HEAD est leur dernier album à paraitre sur le label Pye.
Status Quo tourne intensément pendant toute l'année 1972, perfectionnant ce boogie à douze mesures qui sera désormais son image de marque. Le groupe devient une attraction très populaire et triomphe au Festival de Reading. C'est donc muni d'une expérience scènique incomparable qu'ils entrent en studio pour enregistrer pour leur nouveau label, Vertigo.
L'album PILEDRIVER et le 45-tours Paper plane sortent simultan�ment en février 1973. Ils se classent respectivement N�5 et N�8 dans les hits-parades et, � partir de cette époque, tous les disques de Status Quo figureront régulièrement dans les classements anglais.
"Caroline", un titre qui reste encore aujourd'hui un des hymnes incontournables de Status Quo, parait en septembre 1973. Dans la foul�e, l'album HELLO entre directement la première place des charts anglais. A ce moment, la carrière du groupe se déroule de façon très limpide, les N1 succèdant aux N1. Bien sur, la critique fait la fine bouche, mais elle ne fait pas le poids face aux chiffres des ventes et aux réactions du public lors des concerts.
En mai 1974, comme le précédent, l'album QUO est N1 dès sa sortie. Status Quo est désormais le groupe le plus populaire de Grande-Bretagne et ses concerts font salle comble dans tout le pays. Le 18 janvier 1975, avec "Down Down", ils décrochent enfin leur premier N1 dans le classement des 45-tours. C'est un extrait de l'album ON THE LEVEL qui parait un mois plus tard.
Mis à part l'album On the level, l'année 1975 n'est pas riche en évznement discographique, si ce n'est la sortie en mai de "Status Quo Live", un 45-tours EP qui propose trois de leurs classiques enregistrés en public. Après avoir fété le Nouvel An comme tète d'affiche du "Great British Festival" de Londres, le groupe aborde l'année 1976 avec Rain, un extrait de BLUE FOR YOU, son quatrième album se classer instantanément N1.
C'est � partir de cette époque que le clavier Andy Bown vient renforcer Status Quo, aussi bien sur scène qu'en studio. Andy Bown est un musicien qui a déjà pas mal roulé sa bosse. Ancien du groupe The Herd, il a travaillé notamment avec Peter Frampton et Pink Floyd.
En 1976, Status Quo élargit encore son image en participant à une publicité pour une célèbre marque de jeans. Ce n'est pas surprenant, car le jeans constitue leur tenue habituelle à la ville comme sur la scène. C'est aussi l'uniforme adopté par les plus fervents de leurs admirateurs réunis dans un fan-club baptis� "The Army".
En mars 1977, �STATUS QUO LIVE� est le titre de leur dixième album. Il a été enregistré lors de trois concerts délirants à l'Apollo de Glasgow et il témoigne d'une époque qui s'achève, une période au cours de laquelle les musiciens se sont levés la seule force de leur boogie. Pour boucler la boucle, Status Quo est élu meilleur groupe de hard-rock britannique à la cérémonie des "Rock & Pop Awards" décernés par le Daily Mirror.
Après dix années de carrière et dix albums, Status Quo s'est imposé comme une attraction majeure de la scène rock. En octobre 1977, c'est Pip Williams qui produit le 45-tours et l'album ROCKIN' ALL OVER THE WORLD. C'est la premi�re fois depuis l'époque Pye que Status Quo fait appel à un producteur pour réaliser un de ses albums. C'est aussi la première fois depuis bien longtemps qu'ils publient un 45-tours qui est une reprise, en l'occurrence une composition de John Fogerty, l'ancien leader de Creedence Clearwater Revival.
Pour Status Quo, "Rockin' all over the world" est un titre qui colle parfaitement à la réalité. Pendant les dix-huit mois qui suivent, il accompagne le groupe dans un véritable voyage autour du monde, ou tous les concerts se donnent à guichets fermés. C'est au milieu de cette longue tournée, en octobre 1978, que parait l'album IF YOU CAN'T STAND THE HEAT. Enregistré en Hollande, toujours sous la direction de Pip Williams, on y trouve leur succès de l'année : "Again and again".